Collé serré, Voici l’ouvreuse qui donne le signal d’entrer dans la salle.

Collé serré

Collé serré, Pourquoi dans une foule, un rassemblement ou une file d’attente votre prochain vous colle ? Vous aime-t-il à ce point ? Comment réagir dans ces circonstances ?

Collé serré

Collé serré, Au supermarché, je commence à déverser le contenu de mes denrées sur le tapis roulant, prenant soin de garder un espace devant celle qui me précède et brusquement, étrange, je sens une masse ronde se plaquer contre mon dos. Gênée par cette proximité, je rétorque par un bon coup de rein pour m’en éloigner ; puis me voici le postérieur collé à cette forme envahissante ; d’un bond, je me retourne et que vois-je ? Un certain, tempes grisonnantes, bedonnant étaler ses victuailles avant que la caissière y ait enregistré les miennes, ouvrir un grand sac en plastique pour déjà tout y engouffrer. Avec politesse, je m’efforce de garder mon calme : « Monsieur, pouvez-vous vous reculer et laisser un petit espace entre vous et moi ? » Aucune réaction ; il fait mine de ne pas comprendre. Double coup de popotin et je me retourne avec un grand sourire, m’excusant de ma maladresse…Petit sourire en coin esquissé de mon prochain collé à moi mais qui ne bronche pas ,tellement pressé que je finis par en faire la remarque à la pauvre caissière surbookée. « Monsieur, fermez votre sac, ça n’ira pas plus vite, je n’ai que deux mains » Ouf !la file grossit et des murmures se propagent sur les lèvres des clients « pas de plaisir sans gêne » J’éclate de rire quand la suivante suffoque à son tour !

Au palais des congrès à Arcachon

Collé serré, Une foule se presse devant l’auditorium pour écouter la conférence et la lecture de deux journalistes renommés : Claire Chazal et Christophe Barbier…. Un quart d’heure de retard, déjà l’impatience grandit parmi les spectateurs qui piétinent sur place. A mes côtés, un homme vêtu d’un pantalon beige, au pli très empesé, d’un blazer framboise, portant chaussures pointues comme son accent, le parfum entêtant, les cheveux gominés, est accompagnée de sa moitié. Ce monsieur commence peu à peu à gagner du terrain, en voulant me dépasser grâce à sa taille plus imposante .Il me frôle, mine de rien .Je me pince le nez tant l’odeur de son parfum (vétiver de Kenzo ?) est suffocante. Voici l’ouvreuse qui donne le signal d’entrer dans la salle. Le voilà qui empiète de plus en plus sur mon territoire, en me collant. Mine de rien, le parapluie m’a beaucoup aidée et je lui assène un bon coup de baleines sur ses pompes encaustiquées, en m’excusant et lui demandant quel était le nom de son parfum si envoutant. Surpris, il recule d’un pas.

Dans le train

Collé serré, Dans le train TGV Bordeaux Paris gare Montparnasse, je m’installe comme prévu sur la réservation de mon billet, dans le sens de la marche. Pour passer le temps, je me plonge dans mon bouquin policier du moment. Je savoure ces instants où seule, je peux m’approprier de ces instants de liberté .Quand, à l’arrêt suivant une personne entre dans le compartiment, s’assoit face à moi, en marmonnant et proférant d’étranges borborygmes. Une odeur de transpiration pestilentielle emplit l’atmosphère et j’ai du mal à cacher ma rancœur, surtout en tout début de matinée après le café vite avalé. Elle dépose sur ses genoux un énorme balluchon qui peu à peu se retrouve en partie sur mes gambettes. Toute recroquevillée vers la fenêtre, je tentais de l’ignorer tout en poursuivant ma lecture et au moment le plus captivant, des bruissements de papier me font lever les yeux et que vois-je ? Le sandwich au saucisson et la bière déballés, pour me faire partager l’odeur qui se rajoute à la sueur ! Je ne tiens plus, au bord du vomissement, je saisis dans mon sac un petit pschitt, acheté en pharmacie que je conserve toujours au cas où. J’actionne le petit flacon qui répand un voile de fraicheur et d’un bond, je me lève pour marcher dans l’allée le temps qu’elle ait englouti ses victuailles. Bizarrement, en retournant à mon siège, disparition de la créature. Ouf, respirons !

Pour mieux se préserver et faire comprendre à autrui son sans gêne, ne pas hésiter à vous munir dans votre sac à mains de petits objets appropriés, en cas de besoin : clefs, parapluie, petite bombe ou autre, en toute discrétion.

Collé serré

Elisabeth CADILHON GILLON

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